Cycle Immersions 2016*2018

La barque est prête. Elle conduit peut-être vers le grand néant.
Qui veut s’embarquer vers ce
peut-être ? (Nietzsche)


Au cours de ce nouveau cycle d’investigation, mené dans la logique d’un Work in Progress, nous aborderons le thème de l’immersion et de ses corollaires : débordements, engloutissement, crues et assèchements…

L’engloutissement dans le ventre du fleuve lui-même, ou d’un monstre subaquatique nous amène a traiter symboliquement du thème de la descente en soi-même. Paradoxalement, c’est cette descente dans les profondeurs obscures qui permet de partir en quête du trésor enfoui, de la vérité cachée, et de voir mieux, de grossir ce qui se dévoile lentement, de redécouvrir ce qui avait été oublié… Nombre de mythes ont traités le sujet et les similitudes avec l’archéologie subaquatique (dont le Musée Départemental Arles Antique est l’uns des lieux actuels) inspireront nos prochaines créations.

L’immersion est aussi une invitation à se pencher au-dessus de l’eau profonde, à être traversé tantôt par le reflet de son propre visage, tantôt par un rayon de soleil, tantôt par des ondulations venues on ne sait d’où…

Dans cette focale d’énergies, la crue n’est pas abordée uniquement comme « facteur de risque », mais redevient, potentiellement le signe vivant de la germination et de la régénération : la canalisation du fleuve nous parle de nos propres endiguements intérieurs, nos conditionnements et empêchements ; les crues et les inondations nous relient à nos propres débordements et franchissements intérieurs, qu’ils soient créatifs ou destructeurs, les marais et marécages deviennent des lieux potentiels de rencontre avec l’inouï…

La création artistique doit nous permettre d’élargir note champ du réel. Elle nous invite à nous relier à notre propre corps, à conscientiser notre appartenance à un principe qui nous dépasse, à partager la même grande histoire – le grand fleuve – qui nous rassemble.