La compagnie

Toute la manifestation théâtrale consiste en un « acte » de présence.
Laisser « apparaître ». Dans un instant de stupeur où tous nos sens sont en éveil,
et qui dépasse le cadre de la représentation circonscrite à une forme,
laisser le champ poétique ouvert. Pour cela, épuiser les apparences, pour que l’indicible se manifeste. (Michel Tallaron)

répétition dans le PNR du Pilat - création Jon Fosse 2011 avec Laurent Bastide et Salla Lintonen

La ligne de travail de la compagnie est celle d’un théâtre que l’on pourrait qualifier de « théâtre poétique », qui interroge les grands textes du répertoire et de la littérature contemporaine ou ancienne, et de la poésie dramatique. Artistiquement, il s’agit d’expérimenter un théâtre de la présence, où l’acteur tend à se mettre au service de la parole poétique.

Après avoir dirigé un laboratoire de Recherches et Créations Théâtrales Contemporaines, le Théâtricule à Vienne (Isère), pendant 9 ans, la compagnie a repris une posture nomade depuis la rentrée 2009-2010. Sans lieu fixe, mais toujours ancrée à Vienne et dans le territoire de l’Isère Rhodanienne, elle travaille aujourd’hui ses créations sous forme de résidences dans des lieux mis à disposition, institutionnels ou non.

Depuis 2009, la compagnie a mis en place et développé sur le territoire de l’Isère rhodanienne un principe de travail qu’elle a nommé : le laboratoire itinérant. Ce laboratoire réunit des artistes de tous horizons, pour la plupart formés dans les écoles de théâtre du territoire national : ENSATT, TNS, CDN de Reims, Comédie de St Etienne, Conservatoires…  et d’autres. Un besoin profond de prendre le temps de travailler, de chercher, de se rencontrer, en dehors de toute logique urgente de production semble parcourir la profession. Le succès de ces rencontres sur le thème de la présence l’acteur semble nous le confirmer.

session de recherche au Manège à Vienne - juin 2011 avec Laurent Bastide, Salla Lintonen et Sarah Pellerin

Plusieurs sessions de recherche et résidences dans divers lieux du territoire nord-isérois, ont permis de travailler nos créations pendant de nombreuses années : les locaux de la CNR Vienne Sud (Compagnie Nationale du Rhône), le Manoir du Richoud à Assieu en Isère, la Verrière des Cordeliers à Ste Colombe dans le Rhône, le Manège, salle de répétition du Théâtre de Vienne, les Musées et Sites patrimoniaux de la Ville de Vienne, le Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal – Vienne, le Trente à Vienne… Depuis 2012, notre nomadisme a élargi son champ d’exploration et nos spectacles sont créés dans le cadre de résidences dans divers lieux le long du Rhône, entre la source et l’embouchure.

répétition au Cloître St André-le-Bas de Vienne - création Murale 2011 avec Sarah Pellerin

La compagnie élabore son travail de créations selon la rythmicité de cycles de trois ans : depuis 2006, trois cycles se sont succédés :
- Passages, rêveries théâtrales d’une rive à l’autre (2006*2009)
- Fleuve Quantique (2009*2011)
- Migrations (2012*2014)
- Immersions (2016*2018)

travail à la table au musée de St Romain en Gal - Vienne - création Le Chant des Chants 2011

Chaque création est ainsi inscrite dans un cycle de recherche de longue haleine, donnant lieu à des rendez-vous réguliers avec le public, livrant à la réflexion et à l’échange une matière riche et souvent invisible, pétrie dans l’ombre avant l’aboutissement par la représentation finale. D’abord appelés « articulations », puis « échographies poétiques », ces rendez-vous ont pris la forme de lectures à la table ou en espace, parfois accompagnées de vidéo ou d’un musicien, de répétitions publiques, d’échanges avec les équipes artistiques autour des choix dramaturgiques ou scénographiques, d’ateliers… qui fondent ce travail d’élaboration théâtrale.

lecture publique à Lucioles - création Jon Fosse 2009 avec Christian Devèze, Loïc Risser et Emilie Weiss

Ce lien avec le public est au coeur de notre travail de compagnie. Il nourrit notre réflexion sur le sens de l’acte théâtral au coeur de la société contemporaine, et permet au spectateur d’être associé au plus près d’un travail qui ne lui est pas livré « clé en main ».